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🎙️ Conférence en direct « Devenir thérapeute en 2027 » — jeudi 8 octobre à 20h …

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Schémas répétitifs : quand le passé continue de s’inviter dans votre présent

Groupe de psychothérapie : les participants sont assis en rangées dans un amphithéâtre et brandissent des pancartes jaunes.

Vous avez peut-être déjà eu cette impression étrange de revivre toujours les mêmes situations…

Vous changez de personne, de contexte, parfois même de vie… et pourtant, certaines histoires semblent revenir.

Une relation qui devient toxique alors que vous pensiez avoir fait d’autres choix. Une dispute qui reprend toujours la même tournure. Un conflit familial qui revient depuis des années. Ou cette peur de manquer qui réapparaît précisément au moment où les choses commencent enfin à aller mieux.

À force, vous pouvez finir par croire que vous n’avez pas de chance, que vous tombez toujours sur les mauvaises personnes ou que certaines situations sont simplement vouées à se répéter.

Mais si ce n’était pas seulement le hasard ?

Et si, derrière des situations différentes, vous rejouiez en réalité le même scénario, simplement dans un autre décor ?

Après plus de 40 ans dans le domaine de la thérapie, j’ai souvent constaté que ces répétitions ont une logique. Elles s’appuient sur des mécanismes anciens, parfois profondément ancrés, qui continuent d’influencer votre manière de réagir, de choisir ou d’entrer en relation.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’apprendre à les repérer.

Je pense notamment à une femme que j’ai accompagnée il y a quelques années. Dans chacune de ses relations, elle revivait, sans le comprendre, quelque chose qui prenait sa source dans une scène précise de son enfance.

C’est en remontant progressivement jusqu’à cette scène qu’elle a pu comprendre ce qui se rejouait et commencer à y répondre autrement.

Mais avant de revenir sur son histoire, il faut d’abord comprendre pourquoi certains schémas continuent de se répéter.

Ce que vous prenez parfois pour de la malchance

Formateur en costume animant un atelier professionnel sur la sexualité devant un public, avec un support numérique en arrière-plan.

Il y a des périodes où vous pouvez avoir l’impression que la vie s’acharne un peu sur vous.

Vous retrouvez toujours le même type de partenaire et, tôt ou tard, la relation vous déçoit de la même manière. Les séparations se ressemblent. Un sentiment d’abandon réapparaît juste au moment où un projet commence enfin à fonctionner. Une dispute revient, avec presque les mêmes mots, comme si vous aviez déjà vécu la scène.

À force, il devient facile de mettre tout cela sur le compte de la malchance.

Mais si ces situations n’étaient pas seulement une suite de coïncidences ?

Il existe plusieurs formes de schémas répétitifs, et quatre d’entre elles reviennent très souvent.

La première concerne les relations toxiques. Une histoire se termine sans avoir vraiment trouvé son issue, et quelque chose de cette relation reste inachevé. Sans forcément vous en rendre compte, vous pouvez alors retrouver une dynamique proche avec quelqu’un d’autre. La personne change, le contexte aussi, mais certaines sensations restent les mêmes : ne pas être entendu(e), ne pas vous sentir suffisamment aimé(e), devoir vous battre pour votre place ou craindre que l’autre finisse par partir.

Il y a ensuite l’auto-sabotage. Vous êtes sur le point d’obtenir quelque chose qui compte vraiment pour vous et, au moment où cela devient possible, votre comportement change. Vous décrochez enfin cet entretien que vous attendiez depuis des semaines, mais la veille vous ne dormez presque pas. Le lendemain, vous partez trop tard, vous arrivez stressé(e) et vous perdez vos moyens sur une question pourtant simple. Ce qui ressemble à un manque de chance peut parfois révéler une difficulté à accueillir ce qui est en train de réussir.

Les peurs récurrentes fonctionnent de la même manière. Une angoisse réapparaît dans des circonstances très précises : avant un examen, avant de dire ce que vous ressentez, avant une décision importante ou même juste avant un succès. La situation change, mais la peur, elle, semble toujours trouver le même chemin pour revenir.

Enfin, il y a les échecs en boucle. Vous recommencez les mêmes erreurs professionnelles, vous retrouvez les mêmes impasses financières ou vous voyez certains projets s’arrêter presque toujours au même stade. Vous formulez enfin cette demande d’augmentation, et la réponse ressemble étrangement à celle que vous aviez déjà reçue ailleurs.

Le plus difficile, c’est que ces répétitions sont rarement évidentes au moment où elles se produisent.

C’est souvent après coup que vous commencez à faire les liens. Cette nouvelle relation ressemble beaucoup à l’ancienne. Ce responsable vous fait ressentir exactement ce que vous aviez déjà ressenti avec quelqu’un d’autre. Cette peur n’est finalement pas si nouvelle.

Tant que vous ne voyez pas ce qui se répète, il est logique de penser que vous manquez simplement de chance.

Mais pour comprendre ce qui se joue réellement, il faut regarder du côté de la mémoire et de la manière dont votre histoire continue parfois à influencer votre présent.

Pourquoi votre histoire continue parfois de vous rattraper

Groupe de formation en psychothérapie axée sur la sexualité, assis en cercle pour un échange pédagogique lors d’un atelier.

Votre mémoire ne se contente pas de conserver ce qui vous est arrivé. Elle reste attentive à tout ce qui pourrait ressembler à une expérience déjà vécue.

Un ton de voix, une attitude, un silence, une distance qui s’installe… parfois, il suffit de très peu pour que votre corps et votre mémoire reconnaissent quelque chose de familier.

Et c’est utile, parce que cette capacité vous permet aussi de repérer rapidement un danger réel, parfois avant même d’avoir eu le temps de l’analyser consciemment.

Le problème commence lorsque cette mémoire ne vous aide plus simplement à reconnaître une situation, mais vous enferme peu à peu dans une conclusion sur vous-même ou sur les autres.

Vous ne vous dites plus seulement :

« Cette situation me rappelle quelque chose. »

Vous commencez à penser :

« Je suis comme ça. »

« Ça ne changera jamais. »

« Je dois me défendre. »

« Je dois me fermer. »

« Je vais encore être abandonné(e). »

Et c’est là que le passé commence réellement à peser sur le présent.

Ce n’est plus seulement un souvenir. C’est une manière de lire ce qui vous arrive aujourd’hui à travers ce que vous avez vécu hier.

Ces répétitions ne sont pourtant pas là pour vous condamner.

Elles peuvent aussi vous donner une indication précieuse sur ce qui reste sensible, ce qui demande encore à être compris ou ce qui continue de se rejouer en vous.

Autrement dit, elles peuvent devenir des pistes.

Encore faut-il pouvoir les regarder sans les fuir, sans les minimiser et sans vous résigner en vous disant que vous serez toujours comme ça.

Cela ne veut pas dire non plus qu’il suffit de décider de changer.

Votre corps participe pleinement à ce mécanisme.

Les expériences marquantes laissent une trace, et certaines réactions de protection peuvent se remettre en route très vite, même lorsque la situation actuelle n’a plus grand-chose à voir avec celle d’autrefois.

Votre organisme réagit alors comme si le danger d’hier était encore présent aujourd’hui.

C’est exactement ce qui s’était passé pour la femme dont je vous parlais plus haut.

Comment ma cliente a commencé à sortir de ce schéma

Une femme âgée portant des lunettes sourit, debout, lors d’une séance de thérapie Gestalt, entourée de personnes assises en cercle.

Lorsque nous avons travaillé ensemble, nous sommes revenus progressivement sur ce qu’elle reconnaissait dans ses relations.

Elle avait huit ans lorsque ses parents se disputaient beaucoup.

Son père claquait les portes. Elle se réfugiait dans sa chambre. Puis un jour, il a fait sa valise et il est parti.

Des années plus tard, cette scène continuait à résonner dans sa vie affective.

Dès qu’un homme prenait de la distance, quelque chose en elle se remettait en alerte. La peur de l’abandon revenait, avec la même intensité, même si la situation n’était évidemment plus la même.

En séance, je lui ai proposé de rester un moment avec cette petite fille qui attendait, qui avait peur et qui n’avait rien pu faire à l’époque.

Elle a fermé les yeux.

Elle a pleuré.

Son corps s’est d’abord légèrement reculé, comme s’il retrouvait lui aussi cette ancienne peur.

Puis, peu à peu, quelque chose a changé.

Ses épaules se sont redressées.

Elle a rouvert les yeux et m’a expliqué qu’elle sentait en elle une force différente, quelque chose sur quoi elle pouvait désormais s’appuyer.

Les faits, eux, n’avaient pas changé. Son père était parti. Cette histoire appartenait à sa vie.

Mais sa relation à cette histoire n’était plus tout à fait la même.

Et c’est là que quelque chose peut commencer à bouger.

On ne réécrit pas le passé. On ne transforme pas ce qui a eu lieu.

En revanche, il devient possible de modifier la manière dont cette histoire continue à vivre en vous.

C’est ce que j’aime appeler tenir le stylo de sa propre vie.

Cela ne veut pas dire tout contrôler. Cela veut simplement dire ne plus laisser automatiquement vos anciennes blessures décider à votre place.

Pour cela, trois choses me semblent essentielles.

D’abord, le courage de regarder ce qui s’est réellement passé, sans minimiser ni détourner le regard.

Ensuite, la patience, parce que l’on ne force pas un changement intérieur.

Et enfin, la confiance. La confiance dans ce que vous ressentez, dans votre capacité à observer ce qui se joue et à expérimenter progressivement une autre manière de répondre.

Quand ces trois éléments commencent à trouver leur place, vous ne luttez plus seulement contre ce qui vous traverse.

Vous apprenez aussi à l’écouter.

Comment reconnaître une répétition avant qu’elle ne prenne toute la place

Une femme tenant un micro anime une conférence sur la sexualité devant le profil professionnel d'Arnaud Sébal, qui suit une formation.

La prochaine fois que vous sentez qu’une situation familière revient, vous pouvez vous poser quelques questions simples.

Qu’est-ce que je reconnais ici ?

Avant de réagir, prenez un instant pour voir si cette sensation, cette peur ou cette dynamique vous est déjà connue.

Avez-vous déjà ressenti cela dans une autre relation ? Avec une autre personne ? Dans une autre période de votre vie ?

Le simple fait de reconnaître que quelque chose vous est familier crée déjà un peu de distance.

Vous n’êtes plus seulement pris(e) dans la scène. Vous commencez à l’observer.

Quels sont mes signaux d’alerte ?

Essayez ensuite de repérer ce qui déclenche votre réaction automatique.

Un silence ?

Un ton de voix ?

Une personne qui prend de la distance ?

Une réponse qui tarde ?

Un projet qui devient soudainement plus concret ?

Plus vous connaissez ces signaux, plus vous pouvez voir la réaction arriver avant qu’elle ne prenne toute la place.

Comment puis-je répondre différemment cette fois ?

C’est sans doute la question la plus importante.

Répondre différemment ne veut pas dire faire exactement l’inverse de ce que vous avez toujours fait.

Cela peut être attendre un peu avant de répondre.

Dire ce que vous ressentez au lieu d’accuser.

Demander une clarification plutôt que de tirer immédiatement une conclusion.

Ou simplement rester quelques instants avec l’émotion qui monte, au lieu de chercher à la faire disparaître tout de suite.

C’est souvent dans cet espace, entre ce que vous ressentez et la manière dont vous réagissez, qu’une autre possibilité peut apparaître.

Redevenir l’auteur de votre histoire

Un homme en blazer donnant une conférence sur la sexualité, micro à la main, devant un écran et un public participant à une formation en Gestalt.

Reconnaître un schéma ne vous condamne pas à le revivre. Au contraire, c’est souvent le début du changement.

Lorsque vous commencez à voir ce qui se répète, à repérer les signaux d’alerte et à comprendre ce que certaines situations réveillent en vous, vous pouvez progressivement retrouver une marge de choix.

Votre passé reste votre passé. Mais il n’a plus besoin de décider seul de votre présent.

C’est là que l’idée de la page blanche prend tout son sens.

Non pas comme si vous pouviez effacer ce qui s’est passé, mais comme la possibilité de ne plus écrire systématiquement la suite avec les mêmes réactions, les mêmes peurs et les mêmes automatismes.

Alors prenez un instant pour y penser.

Quelle scène avez-vous l’impression de revivre encore et encore, simplement sous des visages différents ?

Comprendre ce mécanisme est souvent le premier pas pour cesser de rejouer les mêmes histoires.

C’est aussi une partie du chemin que j’explore dans mon livre Je crée ma vie ici et maintenant : apprendre à lâcher ce qui vous épuise, écouter davantage ce que votre corps sait déjà, retrouver votre capacité à choisir et reprendre progressivement le pouvoir de créer une vie plus libre, plus consciente et plus en lien avec ce qui a du sens pour vous.

Et si cet article vous a fait penser à une situation précise de votre vie, dites-moi laquelle dans les commentaires.

Je lis chacun de vos messages.

Affiche du livre " Je crée ma vie ici & maintenant ! ", couverture jaune-orange et textes inspirants sur la Gestalt-thérapie.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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