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L’automne, cette saison qui nous apprend à lâcher prise

Un arbre aux feuilles rouges d'automne au milieu d'une forêt dense, illustrant l'approche de la thérapie de la Gestalt.

Les jours raccourcissent. Le matin, il fait encore nuit quand vous vous levez.

Vous ralentissez, sans l’avoir vraiment décidé.

Vous vous dites peut-être : « J’ai moins d’énergie, qu’est-ce qui se passe ? »

Et si c’était le moment de revenir à vous ?

Si vous cherchez à mieux vivre l’automne, je vous propose de changer de regard. Non pas de lutter contre cette saison, mais de l’écouter, et peut-être d’apprendre avec elle à lâcher prise.

Car l’automne vous parle…La Gestalt vous aide à l’entendre.

Pourquoi l’automne nous bouscule-t-il autant ?

On y voit deux feuilles d’automne orange en forme de cœur au-dessus d’une surface d’eau aux motifs répétitifs, un outil utilisé en thérapie Gestalt.

Il y a d’abord le corps.

Moins de lumière, plus de froid, des journées qui sont plus courtes. Votre organisme le sent avant même que vous y pensiez. Le sommeil change. L’appétit aussi, parfois.

Il y a ensuite le rythme.

L’été vous avait offert une parenthèse : du temps, de l’espace, un peu de légèreté. Puis la rentrée est arrivée, avec ses agendas pleins et ses bonnes résolutions.

Et en octobre, souvent, l’élan de septembre retombe.

Il y a enfin ce que la saison réveille. Les feuilles qui tombent, la lumière qui décline… L’automne nous parle de fin, de passage, de ce qui ne reviendra pas. C’est une saison qui touche quelque chose de très intime : notre rapport au temps qui passe.

Rien d’étonnant, donc, à ce que beaucoup ressentent une forme de blues de l’automne. Un peu de mélancolie, une fatigue diffuse, l’envie de rester sous la couette.

Je vous rassure : ce que vous traversez est profondément humain.

Le piège : vouloir rester en été toute l’année

Notre époque a tendance à valoriser l’énergie constante : un peu comme si on devait vous deviez être en forme, productif, souriant du 1er janvier au 31 décembre.

Alors, quand l’énergie baisse, une petite voix vous chuchote à l’oreille :

« Je devrais faire plus. »

« Les autres y arrivent, eux. »

« Il faut que je me reprenne. »

Et vous voilà en lutte. Contre la fatigue, contre la saison, contre vous-même.

Vous redoublez d’efforts. Vous remplissez l’agenda pour ne pas sentir le vide. Vous attendez le prochain week-end, puis les vacances de fin d’année, comme une ligne d’arrivée.

Mais plus vous poussez, plus la fatigue s’installe.

C’est là que l’automne devient lourd. Pas à cause de la saison elle-même, mais à cause du combat que vous menez contre elle.

En Gestalt, nous observons souvent ce mouvement chez les personnes que nous accompagnons : une grande partie de leur souffrance vient de la résistance à ce qui est. La lutte contre le réel épuise bien plus que le réel lui-même.

La question n’est donc pas : « Comment retrouver mon énergie d’été ? »

Mais plutôt : « Qu’est-ce que cette saison m’invite à vivre ? »

Le regard de la Gestalt : l’automne, le temps du retrait

Tapis dense de feuilles d'automne aux teintes orange, marron et jaune, formant des motifs naturels qui se répètent.

Le cycle de l’expérience

En Gestalt-thérapie, nous parlons du cycle de l’expérience. C’est le chemin que suit chacun de nos besoins.

Le pré-contact. L’organisme est au repos, dans ce que nous appelons le vide. Puis une sensation ou un besoin émerge : la faim, la fatigue, l’envie de lien.

L’action. Le besoin devient clair. L’énergie monte. Vous vous tournez vers votre environnement, vous cherchez ce qui peut vous nourrir, et vous passez à l’action.

Le plein contact. C’est la rencontre pleine et entière avec ce qui vous nourrit : un repas, une personne, une activité. Il y a un lâcher-prise, une immersion totale.

Le retrait. L’action est terminée. L’organisme se retire, digère et assimile ce qu’il a vécu pour l’intégrer à son histoire. La figure se dissout dans le fond et laisse place à un nouveau vide créateur.

Pensez à un bon repas. La faim se fait sentir : c’est le pré-contact. Vous cuisinez, vous passez à table : l’action. Vous savourez chaque bouchée : le plein contact. Puis vous posez la fourchette et vous digérez : le retrait.

Ce dernier temps, le retrait, est souvent le plus négligé. Nous savons commencer. Nous savons agir. Mais nous savons beaucoup moins bien finir, digérer, laisser la place.

Or la nature, elle, sait. Le printemps ressemble au pré-contact, quand tout émerge. L’été, c’est l’action et le plein contact. L’automne est le temps du retrait. L’arbre ne retient pas ses feuilles. Il les laisse partir et garde son énergie au cœur. Puis vient l’hiver, ce vide d’où naîtra le prochain printemps.

Ce qui se termine laisse de la place

Vivre pleinement le retrait, ce n’est pas abandonner. C’est digérer ce qui a été vécu.

Quand une expérience n’est pas terminée, elle reste ouverte en nous. En Gestalt, nous appelons cela une Gestalt inachevée. Elle continue de mobiliser notre attention et notre énergie, souvent sans que nous en ayons conscience.

L’automne est une invitation à refermer ces boucles. À reconnaître ce qui s’est terminé cette année : un projet, une relation, une étape de vie, une illusion peut-être.

Ce n’est pas toujours confortable. Parfois, cela ressemble à un petit deuil. Mais c’est précisément ce qui libère de la place pour ce qui va naître.

Ce n’est pas l’énergie qui vous manque. C’est l’endroit d’où vous la cherchez qui a changé.

4 gestes pour mieux vivre l’automne, ici et maintenant

Un homme et une femme assis face à un homme debout à l'extérieur, en pleine séance de psychothérapie et d'accompagnement.

1. Revenir au corps

Le corps est le premier à sentir la saison. Il est aussi le premier à pouvoir vous ancrer.

Vous pouvez commencer par regarder l’extérieur à travers votre fenêtre le matin. Sentir l’air plus frais sur la peau. Remarquer la couleur de la lumière. Prendre trois respirations un peu plus lentes que d’habitude.

Une marche en forêt, le bruit des feuilles sous vos pas, une tasse chaude entre vos mains… Ces sensations ne sont pas des détails. Elles vous ramènent ici et maintenant, là où la vie se passe vraiment.

Et si votre corps réclame plus de sommeil, peut-être est-ce simplement ce dont il a besoin. Se coucher un peu plus tôt en automne n’est pas de la paresse. C’est une façon de s’ajuster à la saison.

2. Faire le tri de ce qui se termine

Et si vous preniez un moment pour regarder l’année écoulée ?

Quelques questions peuvent vous accompagner :

  • Qu’est-ce qui s’est terminé pour moi cette année ?
  • Qu’est-ce que je n’ai pas encore pris le temps de reconnaître ?
  • Qu’est-ce que je porte encore et que je pourrais déposer ?

Vous pouvez les écrire, à la main, sans chercher la bonne réponse. Ce qui émerge en premier est souvent ce qui demande votre attention.

3. Accueillir la mélancolie sans la combattre

La mélancolie d’automne a mauvaise réputation. Pourtant, elle n’est pas un ennemi.

Comme toutes les émotions, elle a une fonction. Elle nous ralentit. Elle nous tourne vers l’intérieur. Elle nous relie à ce qui compte pour nous.

Quand elle se présente, vous pouvez simplement la nommer : « Tiens, je me sens un peu mélancolique ce soir. » Puis remarquer où elle se loge dans votre corps. Dans la poitrine ? Dans la gorge ? Dans les épaules ?

Une émotion accueillie traverse. Une émotion rejetée s’installe.

4. Choisir ce que vous mettez au premier plan

En Gestalt, nous parlons de figure et de fond. Dans votre champ de perception, certains éléments passent au premier plan (la figure), pendant que d’autres restent à l’arrière-plan (le fond).

En automne, il est facile de laisser la grisaille devenir la figure. Le froid, la nuit qui tombe tôt, la fatigue.

Mais le fond contient aussi autre chose. Les couleurs flamboyantes des arbres. Le plaisir d’une soirée au chaud. Le temps retrouvé pour lire, cuisiner, appeler un ami.

Il ne s’agit pas de nier la grisaille. Il s’agit de remarquer que vous avez le choix de ce que vous regardez.

Alors, ce soir, qu’avez-vous envie de mettre au premier plan ?

Et si l’automne était un temps de semailles ?

Formateur s'adressant à un groupe réuni en cercle lors d'une formation en psychothérapie consacrée aux schémas répétitifs.

Le retrait n’est pas une fin. C’est un passage.

Sous les feuilles mortes, la terre se prépare. Les graines tombées à l’automne germeront au printemps. Ce qui semble immobile est en réalité un travail souterrain.

Beaucoup de personnes que nous rencontrons à l’école vivent ce mouvement. Une lassitude dans leur métier, une question qui revient chaque année à la même saison : « Est-ce que c’est vraiment ça, ma vie ? »

Cette question n’arrive pas par hasard en automne. Quand l’agitation de l’été retombe, ce qui était au fond remonte à la surface.

Si vous êtes déjà en formation avec nous, vous reconnaîtrez sans doute ce mouvement dans votre propre groupe : l’automne est souvent une saison où le travail sur soi s’approfondit, où ce qui a été semé en début de parcours commence à travailler en silence.

Et si vous découvrez la Gestalt, ce moment de l’année peut être une belle occasion d’écouter ce qui germe en vous.

Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà la réponse. Une envie floue, une intuition, une curiosité suffisent pour commencer. Les graines ne savent pas encore quelle forme prendra la plante.

Ce qui compte, c’est d’oser regarder ce qui demande à vivre, et de ne pas le faire seul.

Quand se faire accompagner ?

Un homme à lunettes, les cheveux attachés, écoute une femme lors d'une séance de psychothérapie en plein air.

Un coup de mou passager fait partie de la vie. Mais parfois, l’automne pèse plus lourd.

La tristesse s’installe et ne repart pas. Le sommeil se dérègle durablement. Les choses qui vous faisaient du bien n’ont plus de goût. La solitude pèse.

Si c’est votre cas, il est important de ne pas rester seul. Parlez-en à votre médecin : une déprime automnale qui s’installe mérite d’être prise au sérieux, et elle se soigne.

Un accompagnement thérapeutique peut aussi vous aider à comprendre ce que cette saison vient toucher chez vous. En Gestalt, le thérapeute vous accompagne pour que vous retrouviez votre propre chemin, à votre rythme, dans une relation de confiance.

C’est souvent dans le lien que les choses commencent à bouger.

Laisser tomber les feuilles

L’arbre ne se demande pas s’il devrait garder ses feuilles un peu plus longtemps.

Il fait confiance au mouvement.

Mieux vivre l’automne, ce n’est peut-être pas aller mieux malgré la saison. C’est accepter de vivre avec elle, au rythme du vivant.

Alors, que pourriez-vous laisser cette année ?

Cet article a éveillé quelque chose en vous ? Peut-être l’envie de mieux comprendre ce qui se joue pour vous, ou celle de découvrir concrètement la Gestalt.

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Vos partages en commentaire sont les bienvenus : comment vivez-vous l’automne, vous ?

À lire aussi

FAQ : mieux vivre l’automne

Pourquoi a-t-on moins d’énergie en automne ?

La baisse de la lumière et le changement de saison influencent notre rythme. Le corps ralentit naturellement. Plutôt que de lutter, la Gestalt invite à écouter ce ralentissement comme un temps de retrait nécessaire.

Comment ne pas déprimer en automne ?

Revenir au corps, accueillir vos émotions et choisir ce que vous mettez au premier plan peuvent vous aider. Si la tristesse s’installe durablement, parlez-en à votre médecin : une déprime saisonnière mérite d’être accompagnée.

Que dit la Gestalt du changement de saison ?

La Gestalt s’appuie sur le cycle de l’expérience : pré-contact, action, plein contact, retrait. L’automne correspond au retrait, ce temps où l’on digère ce qui a été vécu pour laisser de la place au nouveau.

Le blues de l’automne est-il normal ?

Oui, une légère mélancolie à l’arrivée de l’automne est très fréquente. Elle nous tourne vers l’intérieur et nous relie à ce qui compte. Elle devient un signal à écouter si elle dure ou vous empêche de vivre.

Comment la Gestalt peut-elle m’aider à traverser une période difficile ?

La Gestalt part de ce que vous vivez, ici et maintenant. Avec un thérapeute, vous explorez vos ressentis, vos besoins et ce qui reste inachevé. La relation thérapeutique devient un espace sûr pour retrouver votre propre mouvement, à votre rythme.

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