Découvrez la reconversion de Magali qui est devenue Gestalt thérapeute après avoir été infirmière
Il y a des reconversions qui ressemblent à des projets. Et il y en a d’autres qui ressemblent à une nécessité. Celle de Magali appartient à la deuxième catégorie.
Infirmière pendant des années, elle n’a pas choisi la Gestalt-thérapie un matin en parcourant des fiches métiers. Elle y est arrivée par une remise en question profonde et personnelle. Elle s’est autorisée à aller plus et à se poser les bonnes questions sur son métier, ses certitudes, sa trajectoire, l’image qu’elle avait d’elle-même et sa vie.
« Mon arrivée dans la Gestalt, je pense que le mot douleur, c’est le bon mot », dit-elle aujourd’hui, avec une clarté qui n’appartient qu’à ceux qui ont vraiment traversé quelque chose.
Je connais beaucoup de parcours comme celui de Magali. Et ce qui me touche à chaque fois, c’est que la remise en question profonde est ce qui ouvre la porte à une vie plus alignée.
Quand une vie trop structurée rencontre l'incertitude
Ce qui tenait et ce qui a lâché
Magali avait une vie bien construite : organisée, avec une trajectoire claire, des repères solides, un cadre professionnel connu. Le métier d’infirmière était exigeant, parfois épuisant, mais c’était le sien. Elle s’y reconnaissait.
Et puis quelque chose s’est effondré…pas progressivement, mais brutalement. Magali a vécu un bouleversement personnel qui ne lui a pas laissé le temps de se préparer.
Ses repères ont disparu et la douleur s’est installée. Et avec elle, une question que Magali n’avait jamais vraiment osé se poser : est-ce que cette vie est vraiment la mienne ?
C’est là, dans ce moment de vulnérabilité totale, qu’elle a découvert la Gestalt.
La Gestalt a été une bossole
Pendant ses premiers stages dans notre école, Magali se rend compte qu’elle s’est toujours adaptée en permanence aux contraintes extérieures sans jamais vraiment s’autoriser à créer sa propre vie. Elle n’a jamais vraiment remis en question ses propres choix.
« J’ai attendu que l’environnement bouleverse ma vie parce que je m’autorisais pas à le faire toute seule », reconnaît-elle avec une lucidité qui force le respect.
Et c’est ce qu’offre la Gestalt : un espace pour se regarder vraiment et commencer à se choisir.
Une reconversion pour être plus près de soi
Une charge invisible
Magali aimait son métier. Elle aimait le soin, le contact humain, la présence auprès des personnes vulnérables. Ces qualités-là, elle les a gardées. Elles sont même devenues le cœur de sa pratique de thérapeute.
Mais le métier d’infirmière comporte une charge que l’on ne mesure pas de l’extérieur : des horaires difficiles, la pression d’un système de santé qui demande toujours plus avec toujours moins. Le sens du métier s’est érodé lentement pour Magali, lentement au début et avec certitude à la fin.
Quand s’adapter devient le quotidien
Ce que Magali décrit, beaucoup de soignants le vivent sans pouvoir le nommer : ils s’adaptent et ils tiennent du mieux qu’il peuvent. Ils continuent d’avancer parce qu’ils ne s’autorisent pas à envisager autre chose. Puis un jour, quelque chose cède.
Ce n’est pas un échec, mais c’est un signal. Et c’est très sain de l’entendre.
La Gestalt comme point d'appui pas comme projet de carrière
D’abord se laisser accompagner
Magali ne s’est pas inscrite en formation Gestalt avec l’idée de devenir thérapeute. Elle cherchait un soutien, un espace où poser ce qu’elle portait.
La décision de se former est venue après : quand elle a commencé à sentir, de l’intérieur, ce que cet accompagnement lui faisait.
Ce double mouvement est quelque chose que je trouve profondément juste : se former tout en se laissant accompagner. Apprendre et se transformer en même temps. Entre nous, l’un ne fonctionne pas vraiment sans l’autre en Gestalt.
La puissance du groupe
Ce qui a marqué Magali dans les premiers stages, c’est la qualité du cadre, la sécurité, la confidentialité, l’absence de jugement, et surtout, la richesse des autres.
Dans notre école, nous avons des personnes d’âges différents, de parcours différents, à des moments de vie différents, réunies dans une expérience commune.
« On ne nous demande pas d’être différent. C’est ça qui est puissant, mais on est ensemble avec nos particularités, nos vulnérabilités. «
Cette phrase dit tout. La transformation ne commence pas quand on change. Elle commence quand on se sent enfin accueilli tel qu’on est.
Ce que la formation Gestalt apprend vraiment
Une pédagogie qui passe par le corps
La formation Gestalt n’est pas une formation théorique. Les concepts s’apprennent, bien sûr, mais ils s’expérimentent surtout dans le corps, dans la relation, à travers des practicums, des mises en situation progressives, des moments de centrage et de méditation qui font partie intégrante de l’apprentissage.
Pour Magali, ancienne étudiante en soins infirmiers formée dans la pression et la performance, cette pédagogie a été une révélation. Il est possible d’apprendre avec bienveillance, sans avoir cette peur de l’erreur, et ce n’est pas rien.
Une phrase qui change tout
Au fil de la formation, Magali réalise qu’une idée très forte émerge, comme un avant-après : « nous sommes responsables à 100% de notre vécu émotionnel. »
Ce qui change c’est que ce n’est pas dans un sens culpabilisant, mais plutôt dans un sens libérateur.
En suivant la formation, vous réalisez, comme Magali que vous n’attendez plus que les autres, changent ou qu’ils s’améliorent et que la situation idéale arrive. Vous composez dans l’ici et maintenant, avec ce que vous avez et vous faites plus confiance à votre capacité de choix et votre capacité à transformer votre manière de vivre ce qui se passe en vous.
« Je suis actrice, et encore mieux créatrice, de mon bien-être et de mon bonheur. » Voilà ce que la Gestalt a permis à Magali de vivre.
Les practicums : arriver prête
Avant d’ouvrir son cabinet, Magali avait déjà mené de nombreuses premières séances dans le cadre des practicums. Ces mises en situation encadrées, progressives, lui ont permis d’arriver à sa première séance professionnelle avec confiance plutôt qu’avec appréhension.
« J’avais fait beaucoup de premières séances avec des personnes avant d’avoir un client en thérapie dans mon cabinet. » Ce détail compte. Il dit quelque chose d’essentiel sur la façon dont nous préparons nos élèves à exercer.
S'installer comme thérapeute Gestalt : un choix de cohérence
La petite ville, un parti pris assumé
Magali s’est installée dans une petite ville. Un choix que beaucoup auraient jugé risqué. Elle, non. « Pour moi, c’était un peu une évidence dans un projet général de nouveau départ. » Un projet de vie global : de l’espace, de la nature, du calme, un cabinet à domicile, des nuits étoilées sans pollution sonore.
Elle avançait dans la confiance, une confiance construite au fil de la formation, nourrie par les témoignages d’autres thérapeutes installés en dehors des grandes villes avec succès. Aujourd’hui, elle reçoit en abondance. La confiance, quand elle est bien posée, c’est une forme de justesse.
De patients à clients : un changement de regard
Passer du milieu infirmier à la Gestalt, c’est aussi traverser un changement de vocabulaire qui n’est pas anodin. Magali ne parle plus de patients. Elle parle de clients.
« Mes patients, en tant qu’infirmière, ils restaient dans une posture où ils avaient besoin qu’on pallie à un manque. Le client, il vient, il paye une expertise. Et il est acteur. »
C’est toute une philosophie. En Gestalt, la personne qui vient en séance n’est pas là pour être réparée. Elle est là pour se transformer, et elle co-créé ce processus avec le thérapeute dans la relation thérapeutique.
Aujourd'hui : une pratique incarnée, une vie alignée
Magali accueille ses clients avec une écoute que ses années d’infirmière ont rendue particulièrement fine. Elle sait lire ce qui ne se dit pas. Elle sait créer un espace où les personnes osent dire des choses qu’elles n’ont dites à personne. « Ce sont des moments de grâce », confie-t-elle.
Sa première cliente est restée des années. C’est ça, la qualité d’une relation thérapeutique bien posée dès le départ.
Et ce qu’elle dirait aujourd’hui à celle qu’elle était avant tout ce chemin ? « Ça va aller. Tu peux recommencer. »
Il n’y a pas d’âge pour se reconvertir. Pas d’âge pour emprunter un nouveau chemin. Les crises de la vie adulte peuvent devenir de puissantes ouvertures, à condition d’être accompagnées, traversées en conscience, et soutenues par un cadre qui tient.
C’est exactement ce que la formation Gestalt propose. Pas seulement un métier. Une transformation.
Alors, je vous pose cette question simplement : qu’est-ce qui, en vous, attend d’être entendu ?
Si vous voulez en savoir plus sur nos formations, je vous invite à contacter un de nos conseillers pédagogiques en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Alors pourquoi pas vous ?
Arnaud Sébal
Cet article s'appuie sur le contenu fourni par Arnaud Sébal, directeur et fondateur de l'Ecole Humaniste de Gestalt
Aurélie Marchand
Article écrit par Aurélie, rédactrice web de l'Ecole Humaniste de Gestalt et Gestalt praticienne
Je vous invite à me laisser un commentaire pour me dire ce que vous avez pensé de notre article. Je lis chacun de vos messages.
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Foire aux questions (FAQ)
Une infirmière peut-elle se reconvertir en Gestalt thérapeute sans formation en psychologie ?
Oui. La formation Gestalt est accessible à toute personne motivée par l’accompagnement humain, quelle que soit sa formation initiale. Le parcours de soignant est même souvent un atout : la présence à l’autre, l’écoute, la gestion de la charge émotionnelle sont des compétences que les infirmières portent naturellement. La formation vient les affiner et les orienter vers une nouvelle posture.
Faut-il aller bien soi-même pour entrer en formation Gestalt ? Non. La Gestalt accueille les personnes là où elles en sont. Beaucoup d’élèves arrivent en formation dans une période de questionnement ou de transition. C’est souvent ce qui rend leur présence si juste. La formation accompagne cette transformation personnelle en même temps qu’elle forme au métier.
Peut-on exercer en dehors des grandes villes ? La confiance en soi peut être fragilisée par différentes épreuves de vie : une rupture, un burn-out, un échec, une relation blessante, un changement professionnel ou une période où vous ne vous reconnaissez plus vraiment. Elle peut aussi devenir plus fragile quand vous vivez dans un environnement qui vous met sous pression ou qui vous pousse à vous comparer sans cesse. Cela ne veut pas dire qu’elle a disparu. Cela signifie souvent qu’elle a besoin d’être reconstruite autrement.


