Le triangle de l’estime de soi

Un équilibre entre trois forces

 

A l’IFAS, nous aimons bien que vous puissiez vous représenter à l’intérieur de vous, avec une image, la théorie que nous développons, pour que ce soit plus facile pour vous de la visualiser et donc de la comprendre et de l’intégrer.

En ce qui concerne l’estime de soi, nous la représentons sous la forme d’un triangle posé sur sa base.

La pointe tout en haut, c’est : Qui je suis ? Et à la base de ce triangle, il y a d’un côté : Le regard sur soi, et de l’autre côté : L’amour de soi.

 

                                                  Qui suis-je ?

 

triangle

                                                         

Regard sur soi                  Amour de soi

 

 

1. La première pointe du triangle : Il y a mon identité.

Qui je-suis ? parle de notre identité, à travers plusieurs dimensions de nous-même, qui nous constituent :

Je suis

Je pense

Je sais

Je fais

Je suis : ce sont toutes les phrases qui commencent par Je … : Je suis gentil, méticuleux, avare, … c’est-à-dire : mes qualités, mes imperfections, en bref ma personnalité.

Je pense : ce sont mes idées, mes convictions, mes valeurs.

Je sais : ce sont mes compétences, ce que je sais faire, ce que j’ai comme savoir intellectuel.

Je fais : ce sont mes actions, mes actes, mes réussites / mes échecs.

Lorsque j’exprime mon identité, je me place dans une perspective d’objectivité (c’est ce que pourrait dire de moi un observateur sincère et neutre).

 

2. A la base du triangle : Il y a le regard sur soi.

Certes il y a qui je suis, mon identité, mais est-ce que je vois qui je suis ? Et quel regard est-ce que je porte sur moi-même ?
Le regard sur soi est subjectif : dans le regard on sélectionne diverses choses que l’on va voir ou ne pas voir, on fait des projections.

Suivant les critères de chacun, ce regard peut être positif ou non. Quelqu’un peut avoir un regard négatif sur lui-même malgré beaucoup de qualités, et vice versa.

 

Qui je suis est un premier élément, mais le regard que l’on a sur soi est important aussi.

Cela parle d’aujourd’hui (comment on se voit) et du passé (comment on a été regardé, évalué, quand on était enfant). Si nos parents étaient là, qu’est-ce que l’on imagine qu’ils diraient de nous, sur cette liste de critères ? Le regard que nous portons sur nous-même est très influencé par le regard que nous avons reçu de la part de notre environnement. Au début de la vie, le regard des parents est un filtre, un modèle à imiter. Comment avons-nous appris à regarder le monde ?

 

3. A l’autre coté de la base du triangle : Il y a l’amour de soi.

Il correspond à Comment je m’aime, en fonction de qui je suis et du regard que j’ai sur moi.

En fait l’amour de soi est bien au-delà du regard que l’on a sur soi-même. On retrouve le lien avec l’enjeu de l’attachement : dans l’attachement, l’amour est inconditionnel (normalement – voir article), et si l’enfant a suffisamment expérimenté cette inconditionnalité son attachement sera correctement métabolisé. La normalité c’est de pouvoir s’aimer comme on est. Est-ce qu’on ne peut s’aimer que si on est dans la réussite, que si on a une relation amoureuse, que si on est présentable ?

 

L’estime de soi est une tension entre les trois points du triangle.

Si on s’est senti aimé de manière inconditionnelle, on va se regarder soi-même avec de l’amour, et on va sentir que l’on peut être aimé avec des imperfections. Si par contre on n’a pas senti l’amour inconditionnel, on va avoir tendance à avoir sur soi un regard plus dur. Si on a des doutes on va avoir du mal à s’aimer, il va y avoir beaucoup de tension, et il faudra se sentir vraiment impeccable pour sentir que l’on peut être aimé.

On peut s’aimer mais ne pas sentir sa valeur. L’attachement seul n’est pas suffisant, il faut travailler en plus l’estime de soi via le Qui je suis, ses qualités, ses valeurs, ses compétences, ses actions.

 

Lorsqu’on travaille le thème de l’estime de soi dans la formation de Gestalt-praticien on va sur ces trois axes : Amour de soi (travail spirituel, centrage, méditation, travail sur le cœur), ‚ L’identité / la personnalité et ƒ Comment on peut avoir un regard différent sur soi.

Le travail spirituel, grâce à la méditation, permet d’être plus proche de notre être qui, lui, est dans l’amour inconditionnel, même si on n’a pas vécu cela quand on était enfant.

La thérapie, par l’accueil inconditionnel qui est donné au client, par tout ce qui se passe dans la relation thérapeutique, permet elle aussi de réparer l’estime de soi : le lien est là, et même si on arrive en séance dans un état pitoyable, même si on se sent nul, on peut être aimé.

  

LA DYNAMIQUE DU TRIANGLE

La triangularité amène un aspect dynamique dans l’estime de soi : si nous avons du mal à nous aimer, cela ne concerne pas seulement notre capacité à nous aimer (nous l’avons en nous, elle est innée), c’est peut-être aussi parce que notre regard sur nous-même est dur, ou a été dur ou inapproprié.

Nous allons prendre un exemple : On est reçu à un examen avec 11/20.

Si l’objectif c’était d’avoir l’examen, alors c’est super, parce qu’on a la moyenne !
Si l’objectif c’était d’avoir la mention très bien, on ne va même pas voir qu’on est reçu à l’examen, on va se trouver médiocre ou nul. Et on n’est pas en lien avec notre capacité d’amour.

En changeant notre regard nous améliorons notre capacité à nous aimer.

 

Dans la relation thérapeutique, le thérapeute renvoie au patient une autre image de lui.

Et si on travaille l’amour de soi, on va naturellement avoir un regard plus bienveillant sur soi-même.

 

On peut aussi travailler le Qui je suis. Par exemple, si la vérité est pour nous une valeur importante et que nous nous retrouvons tous les jours à faire de petits mensonges, il nous sera plus difficile de nous aimer. Quand on travaille Qui je suis on devient plus conscient, objectivement, de ses qualités, de ses compétences. On peut aussi les développer, les accentuer, s’entraîner à être plus généreux, par exemple … On peut mettre notre attention sur des qualités et les incarner plus, développer des compétences.

 

Tous ces éléments entrent en tension, et cela forge la sensation de l’estime de soi, qui est toujours en mouvement.

 

 

 

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